Chien-loup de Serge Joncour

Prix Landerneau 2018, voici en général, le genre de choses qui ne m’attire pas et pourtant, celui-là, je ne sais pas, le titre peut être, j’étais vraiment tentée et sans être un coup de cœur ou quoi que ce soit d’autres, ça reste une très belle lecture.

Au fond, ça doit être ça qui te fait peur qu’on passe trois semaines tous les deux, face à face, ça te semble insurmontable, pas vrai?

Travailler la terre était cent fois plus dur que du temps des hommes, et pourtant elles moissonnèrent et battirent, elles labourèrent et fanèrent, en plus de ça elles continuaient à nourrir les gosses et à soigner les anciens, chaque femme était une âme en veille dans un monde travaillé par la mort.

Petit résumé:

L’idée de passer tout l’été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecœur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L’annonce parlait d’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cette maison que personne n’habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’était imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître.

En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’on avait apprivoisée aussi bien qu’un animal de compagnie, n’avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c’était en arrivant.

Serge Joncour raconte l’histoire, à un siècle de distance, d’un village du Lot, et c’est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu’il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confrontés à la violence, il nous montre que la sauvagerie est un chien-loup, toujours prête à surgir au cœur de nos existences civilisées.

C’est vous qui ne voulez pas le voir, tout maitre que vous êtes, y a trop de bonté dans vos livres, vous voyez donc pas que le monde est déréglé? Vous ne voyez donc pas que la folie a gagné? Faut être un saint pour croire qu’il est sage de dormir avec des tigres au-dessus du village, faut être un saint, ou bien un fou…

Mon avis sur l’ouvrage:

C’est un ouvrage qui m’attirait beaucoup et qui me faisait un peu peur, peur de ne pas l’apprécier peut être ou d’être déçue face à l’image que je m’en faisais. Il aura fallu seulement les premières lignes pour me dire que j’avais faux, ce livre sera à la hauteur de mes attentes.

Orcières, 1914, le monde bascule, la guerre éclate, les hommes partent, un arrive. Un allemand, un dompteur avec ses lions et ses tigres. Quelle ironie. Et pourtant, à partir de là, toute la vie du village va être suspendue à cette évènement, chaque pluie, chaque pleur, chaque peur.

Orcières, 2017, Lise et Franck s’installe sur le mont d’Orcières, sans savoir, sans savoir que la nature sauvage existe encore en ce lieu précis, sans savoir qu’avec l’arrivée du chien-loup, leur monde va se reconstruire.

Il n’est pas évident de comprendre le lien entre ses deux époques ni où on va aller, où tout ça va nous conduire. On suit le cheminement des femmes et de ce couple a 100 ans d’intervalles, c’est beau, c’est dur et pourtant, je dois avouer avoir trouver ça un peu long et répétitif. aie, je suis sévère, ça fait la beauté du texte, oui, c’est vrai, mais quelques chapitres en moins en 1914-1915, n’auraient pas changé grand chose selon moi. Entre les femmes qui travaillent sans relâche, leur peur de tout et les rugissements sonores et permanents des lions, bon, au bout d’un moment, moi j’en ai eu mare. Surtout que certains chapitres ne racontent que ça… Dur dur. Peut être que le principal problème vient du fait que, si j’ai eu le début des prémisses d’un frémissement d’angoisse, ça s’est vite arrêté et j’ai trouvé ça frustrant. Plus j’avançais dans ma lecture, plus je voulais savoir mais plus je me disais que je ne ressentais pas les bonnes émotions. Alors, oui, c’est de la littérature, c’est un texte superbe mais ça n’empêche pas de pouvoir faire un peu frémir et trembler. J’aurais été d’autant plus extasiée, surtout vu la façon magnifique d’écrire de Serge Joncour.

J’ai certainement dû souffrir de la lecture du résumé du livre dans son édition poche, ou plutôt je l’ai mal comprise.

Outre ce petit écueil, à vrai dire, sans incidence et sans importance qui n’est que personnel, ce livre a des qualités et des mises en avant superbes. L’auteur fait la part belle aux femmes, aux femmes qui sans pleurer ont fait le travail des hommes en plus du leur, aux femmes qui sans se plaindre ont craint, aux femmes qui ont choisi de vivre, aux femmes qui choisi de ressentir l’envie, la passion, la vie. Ce livre c’est à mes yeux, un hommage à la nature, à l’Homme et à leur vie commune, à ce besoin de se retrouver en la nature.

Vous avez remarque que je ne parle pas de ce chien-loup… qui est-il, que symbolise t’il… J’ai envie de vous dire qu’il vous faudra le lire pour le découvrir, l’interpréter et le comprendre. Ça n’aurait aucun intérêt que je vous dévoile tout…

Vous l’avez compris, ce livre nous raconte une ode à la femme et à la nature, sauvage, indomptable, universelle et aux besoins des hommes de la retrouver. C’est un livre qui fait voyager, rêver grâce à la plume d’un grand écrivain, on n’a plus qu’une envie… vivre en harmonie avec la nature…

La médisance, c’est ce renard toujours là à rôder autour des maisons, toujours à trainer du côté des hommes, sûr de trouver quelques choses à se mettre sous la dent.

Mais en tant que militaire, n’être pas mort ne signifie pas être vivant…

Publié chez J’ai lu

Lu du 19 au 21 décembre 2020

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